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Comment porter un chore coat, la veste workwear qui s'invite partout

Il y a dix ans, le chore coat était encore cantonné aux ateliers, aux campagnes et aux photos en noir et blanc d'ouvriers de l'entre-deux-guerres. Aujourd'hui, c'est l'une des pièces les plus portées par ceux qui s'habillent bien sans en faire des tonnes. Posée sur un t-shirt et un jean, elle remplace le blouson. Sur une chemise oxford et un chino, elle remplace le blazer. Peu de vestes sont aussi polyvalentes — et aussi faciles à rater quand on choisit la mauvaise coupe.

On vous livre ici un guide terrain pour comprendre d'où vient cette veste, savoir quoi regarder avant d'acheter, et surtout éviter les pièges de port qui la transforment en déguisement.

D'où vient le chore coat ?

Le chore coat — littéralement « veste de corvée » — est né en France au début du XXᵉ siècle. À l'origine : le bleu de travail, cette veste en moleskine bleu de Chine que portaient les cheminots, artisans et paysans. Quatre poches, trois ou quatre boutons, une coupe droite qui laisse bouger les bras. Tout est pensé pour l'usage : la poche poitrine pour le carnet, les poches basses pour les outils.

La pièce a traversé l'Atlantique, a été revisitée par le workwear américain (Carhartt, Dickies), puis remise au goût du jour à partir des années 2010 par des marques comme Universal Works, Drake's ou la ligne Work In Progress de Carhartt. Résultat : un vêtement qui garde son héritage fonctionnel mais s'intègre aujourd'hui dans un vestiaire urbain contemporain.

Comment choisir son chore coat

La coupe, d'abord. Deux écoles coexistent aujourd'hui :

  • La coupe boxy (traditionnelle), large d'épaules, droite au niveau de la taille. Elle vieillit bien et laisse respirer, mais demande un peu d'attention dans le reste de la silhouette.
  • La coupe slim (moderne), plus près du corps, plus proche d'un sur-chemise épais. Plus facile à porter en ville, moins authentique dans l'esprit.

Si vous hésitez, prenez votre taille habituelle pour la boxy, et une taille en dessous pour la slim — elle est souvent pensée large dès l'origine.

La longueur doit s'arrêter à la hanche, idéalement au milieu de la fourche. Trop long, elle déséquilibre la silhouette et fait « blouse d'hôpital ». Trop court, elle perd le côté structurant qui fait son charme.

La matière change tout :

  • Moleskine — la matière d'origine. Toucher doux, aspect mat, caractère. Parfaite demi-saison.
  • Canvas / toile de coton — la version américaine (Carhartt en a fait sa signature). Robuste, se patine avec le temps, parfait au quotidien.
  • Denim brut — le crossover jean/veste. Vieillit magnifiquement, se fond avec vos jeans.
  • Velours côtelé — version hiver. Chaude, texturée, avec un petit côté prof de fac qu'on aime bien.
  • Laine — les versions les plus habillées. Plus difficile à porter, mais sublime sur chemise et chino.

La couleur : le bleu de travail reste la référence (passe-partout, honnête), l'écru / beige est plus mode et plus estival, le noir fonctionne en ville, et le kaki ou le marron habillent un vestiaire plutôt neutre.

Comment porter un chore coat selon l'occasion

Casual, au quotidien. Le combo le plus simple et le plus efficace : t-shirt blanc ou marinière, jean brut ou chino beige, sneakers basses ou boots souples. Rien à prouver, ça fonctionne. C'est souvent comme ça que le chore coat se porte le mieux.

Smart casual, pour une sortie ou un déjeuner. Chemise oxford boutonnée (bleu ciel, blanc ou rayée), chino marine ou anthracite, derbies ou mocassins. Ajoutez une ceinture cuir discrète. Vous remplacez un blazer sans avoir l'air de porter un costume.

Layering d'hiver. Le chore coat marche très bien en couche intermédiaire, glissé sous un manteau plus épais, ou en couche extérieure sur un pull en laine mérinos ou un crewneck. Si vous comptez layer, prenez une taille au-dessus pour pouvoir enfiler un pull épais dessous sans tirer aux épaules.

La faute à éviter. Chemise blanche rentrée dans le pantalon + cravate + chore coat = déguisement de garagiste du Tour de France. Le chore coat est une veste décontractée, même dans ses versions les plus habillées. Restez dans ce registre.

Les chore coats à essayer chez Klubb

On ne stocke pas toutes les marques qui font du chore coat — on a fait le choix de n'en garder que celles qui ont quelque chose à dire sur cette pièce. Résultat : deux philosophies opposées du chore coat, chacune légitime dans son registre.

Carhartt WIP — le chore coat workwear pur. La Michigan Coat et la OG Chore Coat sont les descendantes directes de l'ADN Carhartt : canvas Dearborn solide, coupe ample, boutons pression métal, patine qui vient avec le temps. C'est la version authentique — celle qui se rapproche le plus de l'esprit originel du vêtement de travail. Plusieurs coloris chez nous, du noir brut au classique Hamilton brun.

Service Works — le chore coat street moderne. La Canvas Chore Shirt et la Twill Chore Shirt reprennent le format mais dans un esprit plus jeune, plus coloré (olive, dark navy, stone, slate…). Une coupe légèrement plus courte, des matières qui vivent bien en ville, un clin d'œil aux tabliers de cuisine et aux vestes d'apprentis. Moins patrimoniale que Carhartt, plus expressive.

L'ensemble de la sélection se retrouve dans notre rubrique vestes & manteaux — et le stock bouge chaque saison, donc passez en boutique pour voir les arrivages frais.

Entretien : le minimum à savoir

Le chore coat n'est pas une pièce fragile — c'est fait pour durer. Quelques règles simples :

  • Lavage à froid (30°C), à l'envers, sans adoucissant.
  • Pas de sèche-linge. Séchage à plat ou sur cintre large.
  • Ne lavez pas trop souvent — un chore coat se patine, se marque, et c'est exactement ce qu'on lui demande.
  • Pour les versions en denim brut, référez-vous à notre guide d'entretien du denim.

En résumé

Le chore coat est probablement la veste la plus polyvalente du vestiaire masculin actuel. Pas de règles trop strictes : retenez surtout qu'elle se porte décontractée — qu'on la fasse tomber sur un t-shirt ou qu'on la pose sur une chemise oxford, elle garde son ADN workwear. C'est ce qui fait son charme.

Vous hésitez sur la coupe, la taille ou la matière ? On en a plusieurs en stock au 25 rue de Bolton au Mans, venez les essayer — rien ne vaut un essayage terrain pour faire le bon choix.

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